Vilasini

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| Sujet: « Mera naam Vilasini hai », Première Jataka : la Méditation. Mer 25 Avr 2007 - 18:32 | |
| Dans la main de Vilasini, une bruyère achevait de sécher. Ses grains tombaient petit à petit sur la neige, taches de sang rose sur le linge blanc qui courrait sous ses pas. L’air était sec, et semblait se casser sous la respiration de Vilasini.
Pourtant, elle était encore loin des montagnes. Mais le froid l’avait déjà saisie. Sortant enfin de la forêt d’épineux, elle s’arrêta brusquement, estomaquée par la vue qui s’offrait à sa vue.
Devant elle, une immense montagne dont le sommet se perdait dans les nuages, couvrant avec pudeur les mystères de sa hauteur. Autour de lui, de petites montagnes semblaient se lancer à son assaut. ‑"Le mont Meru…"
Les yeux de Vilasini brillaient. Sur ses lèvres, un infini sourire s’étirait. Elle ne douta pas une seconde. Elle avait raison, elle en était absolument sûre. Elle avait atteint la montagne de toutes les divinités.
Et la paix s’était installée en elle, la vidant de tout, la délestant de ses émotions, de son inconstance, de son instabilité. Cette paix étrange, ce vide conscient qu’elle n’avait jamais réussit à atteindre auparavant, malgré ses efforts.
Enfin, non, elle n’avait jamais vraiment désiré atteindre cet état.
Et voilà qu’elle était assise en tailleur, sur le sol glacé, les mains l’une sur l’autre, sur ses mollets, paumes vers le haut. Elle quitta le blanc…
Devant elle, les montagnes s’étaient enfuies, laissant la place aux monts pelés, emplis de broussailles. Elle avait retrouvé l’ocre.
L’air était chaud, humide, lourd. Il sentait la pluie. La pluie et la joie. Et Vilasini était heureuse, elle aussi. Pleine d’une joie sans irraisonnée. Enfantine.
Et enfantine, elle l’était réellement. Elle devait avoir connu qu’une huitaine de moussons. Guère plus. Elle n’en pouvait plus. Rester assise, comme ça…elle en avait des fourmis dans les jambes. Elle bougeât légèrement le pied gauche, juste pour se rappeler qu’il existait. Et la punition ne tarda pas à arriver. Une tape sur la tête. Pas très forte, juste de quoi rappeler à la gigoteuse qu’elle était sensée se concentrer, et pas s’éparpiller.
Alors Vilasini sautât sur ses pieds, et tira la langue au vieux maître, si raide dans son drap safran. Et, rieuse, elle s’enfuit avant que quiconque ai pus l’arrêter, provoquant au passage un joli bazar au milieu des autres élèves, à présent complètement déconcentré. Dans un dernier rire, Vilasini souhaita bien du plaisir au maître... Et retrouva le blanc.
Vilasini riait toujours. Elle riait de l’enfant qu’elle avait été. Même si ce rire s’éteignit bien vite dans un simple sourire triste.
[color=#660000]Finalement, jamais elle n’avait trouvé cette paix qu’on avait essayé de leur enseigner. Enfin, pas de cette manière.[/color] Non, la paix, elle la trouvait dans le mouvement incessant, dans sa danse perpétuelle.
Le mont Meru…voilà qu’une étrange ferveur semblait l’habiter. Ou plutôt simplement reprendre sa place. Tout comme son enfance, qui revenait par lambeaux. Ses Jataka. _________________ Je sais maintenant qu'à l'origine, le chaos fut illuminé d'un immense éclat de rire. |
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