En Fëador, depuis la nuit des temps, Norëfea, le peuple de l'esprit, entretient d'étranges liens avec les animaux.
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 La grangeVoir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
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Joël le voyageur




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MessageSujet: Re: La grange   Jeu 28 Fév 2008 - 1:29

Joël redressa la tête

Me dédommager et puis quoi encore, vous voulez pas non plus nettoyer toute la grange? nan mais vraiment. Razz

Il regarda encore une fois le visage de Sasia. un peu plus détendu, celui-ci gardait encore des rides de malaise. elle était tendu, son sommeil était lourd et agité et appremment pas très agréable. Alors il se leva et commença à partir.

En attendant Saïgan, je vais faire un tour dans la maison, j'ai quelques petites affaires à récupérer, j'en ai pas pour longtemps
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Saïgan
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MessageSujet: Re: La grange   Dim 2 Mar 2008 - 20:07

Saïgan était à l'intérieur, dans le noir, et s'y trouvait bien. Il regarda Joël, Rill et Rogar arriver, poussant un lit faisant un bruit infernal. Oui, ils le poussaient. Le lit roulait. A chaque extrémité, une petite roue en fer ployait sous le poids de l'imposant cadre de bois. Saïgan se demanda par quelle chance étrange ces trois personnes, visiblement si fières d'elles, étaient parvenues à amener le lit jusqu'ici dans ces conditions.

Lorsqu'ils furent un peu plus près, le touareg vit qui gisait au milieu du lit. Son regard s'écarquilla. Malgré la faible lueur apportée par la lampe de Joël, le blanc de ses yeux étaient visible.
Oh, ma chère Laurë !
Papillonnant de douleur, le visage tendu et le corps criant souffrance... Oh, Sasia Samaris... Saïgan se replia vivement en lui-même pour faire barrage aux émotions de la jeune femme. Bien malgré lui, son oeil habitué n'avait pas besoin du Vif ; il lisait encore clairement dans la crispation de ce corps. Il battit des paupières pour chasser les larmes qui menacées de couler.

Pourquoi ?
Joël avait prétendu que les blessures étaient légères. Dans ce cas, quel besoin de cautériser ? Saïgan ne connaissait rien en médecine. Il avait simplement lu quelques ouvrages par curiosité. A ce qu'il savait cependant, le cautère était une mesure extrème prise quand l'infection risquait de tuer l'organisme ou que le corps était trop faible.
Ca ne lui semblait pas être le cas de Sasia, alors pourquoi marquer si terriblement la jeune fille pour le restant de ses jours ?

Il s'enfuit. Etouffant soudain, il rejoind à grand pas l'air frai de la nuit. Les deux amis étaient toujours près du feu. La viande cuissait, dégoulinante de graisse, appétissante.
Saïgan s'approcha. En vérité, contrairement à Rill, il n'avait pas très faim.


Dites-moi...

Il baissa les yeux sur le feu quelques instants avant de les relever vers les deux compagnons.

J'ai une proposition à vous faire, avoua-t-il. Avant de rejoindre les autres...

Il s'accroupit, la main posée légèrement sur Sereg comme y puiser du réconfort. Il se lança.

Il y a certaines choses que l'on ignore jusqu'au jour où on les découvre et où on s'aperçoit que ceux sont des évidences. Elles ont toujours été là, au fond de nous, seulement nous ne les avons jamais... reconnues.
Ca n'a rien à voir avec une quelconque peur.
Le temps n'était pas venu d'en prendre conscience, l'esprit n'avait pas encore parcouru ce chemin. Quand on les découvre enfin, on comprend que toute la route suivie nous à conduit à ce point.

Comprenez-vous cette impression ?

J'aimerai écouter l'histoire de Joël, puis je rejoindrai Oued et nous rentrerons chez nous ; mais... je me suis dit que nous pourrions faire une partie de la route ensemble. Si ça vous dit.

Saïgan tira de sa besace une écuelle qui avait bien vécu. Le bois était devenu fin à force qu'être maltraité par la lame. Tirant son propre couteau, puisqu'il avait rendu l'autre à Tristan, il empila du mieux qu'il put quelques tranches de viande.

Revenu dans la pénombre de la grange, il alla lui-même s'intaller sur le matelas de paille. Un certain malaise recommençait à tordre ses entrailles. Il posa l'assiette pleine au centre. Avec son empilement maladroit, elle trônait et semblait attirer tous les regards.
Seule la lampe de Joël éclairée la scène, ce qui rendait difficile l'observation des visages et des regards.

La voix et le Vif restaient seuls témoins des émotions.


Allons, mangez, mes amis ; et remerciez Sarcasme et Tristan. Je crois qu'une longue histoire nous attend ensuite.
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Tristan




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MessageSujet: Re: La grange   Lun 3 Mar 2008 - 13:34

Tristan sentit le pelage de Sarcasme se hérisser lorsque celui-ci aperçut le lit arriver maladroitement vers eux. L’homme se leva pour regarder le corps de Sasia crispé sur les draps blancs. La colère et la haine montèrent en lui sans qu’il pu un instant se métriser. Il lâcha ses baguettes, il sentait son compagnon suivre son mouvement à ses côtés, il se voulait apaisant, mais Tristan n’écoutait plus.

Il ne pouvait pas croire se qu’il venait de lui faire. Ses yeux étaient braqués sur la blessure. Alors c’était donc ça le fameux guérisseur ? Si Mône avait été là, elle n’aurait jamais laissé faire, il en était persuadé. Elle seul savait réellement guérir, elle apaisait au lieu de marquer. Cette affreuse cicatrise, elle la garderait toute sa vie, et elle n’oublierait jamais la douleur. Tout comme lui, il ne se débarrasserait jamais des cicatrices qui brillaient à la lueur des flammes sur ses bras. Il braqua sont regard sur Joël, ses yeux verts étaient emplit de haine et de colère froide.

Bien sûr il ne se doutait de rien, il ne pouvait même pas évaluer la douleur, il avait l’impression d’avoir bien fait. Comment peut-on être aussi insensible au vif ? Il lui rappelait ses ignobles paysans et petits nobles qui avaient pris plaisir à punir sa folie quelques années plus tôt. Il ne valait pas mieux.

Il ne prononça pas un mot, et son regard passa de la haine au mépris. Il se détourna pour mettre le reste de la viande sur le feu, quand Saïgan revint près du feu :

Le regard de Tristan se radoucit, pour être plus attentif, ce qui eut le don de le calmer presque instantanément. Le touareg paraissait pensif, mais le discours qu’il leur tint parue un peu hésitant, quoique réfléchit. Cependant la question qui s’en suivit le laissa quelque peu interdit. Tristan jeta un œil à la hyène qui veillait près du feu. Il n’avait pas besoin de ce contact visuel, mais se plaisait à croiser son regard entendu.
Le jeune homme ne répondit pas, il se contenta d’esquisser un léger sourire, alors que le touareg continuait. L’histoire de Joël…oui, le meurtre qu’il avait commis lui revint à l’esprit. Quant à faire une partie du chemin ensemble…Bien sûr, cela leur faisait plaisir. Après tout, la route était son chez lui. Quoi de plus plaisant que d’y être accompagné. Encore une fois il garda le silence, et se fut Sarcasme qui le doubla :

Cela nous dit bien entendu, j’ai les pattes qui commencent à me démenger.
Tristan afficha un sourire franc, oui cela lui plaisait, et cela valait la peine sans doute d’attendre patiemment que Joël raconte son histoire.

Le touareg les invita au repas, et Tristan le suivit, il alla s’asseoir à côté de Saïgan, et se servit une tranche de viande.

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MessageSujet: Re: La grange   Lun 3 Mar 2008 - 13:55

Sarcasme ressentait la colère et la rancœur de son compagnon, il n’aimait pas le sentir remuer de vielle douleur. Plus difficile à dire qu’à faire. De toute façon, il ne pouvait plus rien faire, son compagnon se coupait de lui, ou plutôt sa colère le coupait de lui. Il fut donc ravi et reconnaissant lorsque Saïgan vint les voir. Sans le savoir il avait un effet apaisant sur les deux compagnons. Il pouvait ainsi renouer avec le jeune homme après le discours du touareg. Il sentait que Tristan était attentif et les paroles de l’homme faisaient écho à son être. Pas besoin de se retourner pour savoir quel était la réaction de sarcasme et l’erreur de son compagnon l’amusa. Et c’est mordant qu’il répondit au touareg. Il appréciait le compagnon du coyote et c’était amusant de le voir si apaisant lorsque son compagnon lui était une véritable tornade. Les deux hommes se levèrent pour aller manger. Et c’est le ventre plein qu’il les suivit. Il vint se glisser entre les deux hommes avec la douceur maladroite d’un ours. Posant sa lourde tête sur le sol, il grognant de satisfaction en détendant ses muscles.
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MessageSujet: Re: La grange   Lun 3 Mar 2008 - 15:23

Si elle percut la gène des deux hommes à la vue de la cicatrice dans la dos de sasia, elle n'en montra rien. Ou plutôt elle retroussa comme si de rien n'était ses manches, devoilant les marques grises qui resteraient à vie sur ses bras et ses mains, signes de sa douleur à elle, disimulant le message sous l'aparent souci de ne pas se tacher en mangeant. Mais cela voulais plutot dire "je comprend, mais nous n'avions pas le choix. La cicatrice s'estompera, même si elle ne disparaitra jamais"

Puis, souriant sincèrement a son ami du desert, tandis qu'elle piquait un beau mocreau avec son couteau en damas dans l'assiète tendue :

Ce serait un plaisir.
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Joël le voyageur




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MessageSujet: Re: La grange   Jeu 6 Mar 2008 - 18:48

Joël n'avait pas vraiment faim...il était légèrement tendu à l'idée de dévoiler son réel passé qu'il avait jusqu'alors basé sur une vie de paysan...en plus, il avait ressentit la colère de Tristan quand il était passé devant lui, et même compris pourquoi il l'était ainsi de la sorte...Il lui expliquerait...Il était désolé...

Je ne mangerais pas tout de suite, ça ira pour moi Saïgan, je me régalerai simplement de l'odeur pour le moment.

La lumière tremblotante de la lampe donnait à la grange une allure étrange…le silence était brisé de temps en temps par un cheval qui frappait du sabot à terre ou qui s’ébrouait. La flamme de la lampe se reflétait dans les yeux de Joël qui la fixait attentivement comme voulant faire surgir son histoire de cette flamme sans dire un mot…

Avant de commencer, je crois que je dois quelques explications à Tristan sur l’état actuel de Sasia. Si tu crois que je n’utilise jamais mon vif…tu te trompe et le vif est loin d’être le seul moyen de comprendre un homme dans sa profondeur… Crois moi si je l’ai fais, ce n’est pas de gaité de cœur, je suis conscient de l’avoir marqué à vie…mais j’ai préfère ça à la laisser mourir. Peut-être je me suis trompé de choix, mais j’ai fais ce qu’il me semblait bon.

Tout en parlant, il avait enlevé sa toge, on voyait à nouveau briller le blason sur son habit, clignotant aux mouvements de la flamme.


Pour ce qui est de sa souffrance…je crois que tu peux t’en donner une idée par celles qui marquent ton bras. Mais jamais tu ne sauras autant que moi combien elle a souffert.

Sur ces dernières paroles, il retira aussi cet habit flamboyant. En dessous, de nombreux bandages entourait le torse de Joël et semblait être là de façon inutile, juste en soutient pour mieux marquer certains traits physique. Mais quand elles furent enlevées, ce fût une grande cicatrice, horriblement marquée qui fît son apparition. Bien que quelque peu âgée, elle était encore "belle", d’un rouge sanguinolent tracé de noir par endroit.

Voit par tes yeux, j’en sais aussi long qu’elle en sait maintenant.
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MessageSujet: Re: La grange   Jeu 6 Mar 2008 - 18:58

Ils étaient au fond, une faible lueur les éclairait. Le feu dehors était encore allumé et projeter des ombres à l’entrée de la grange. Ils approchèrent alors sans bruit, ils ne voulaient pas apparaître avant que Joël ne leur ai autorisé. Ils avancèrent alors comme des ombres assez proches de ce groupe en dégustation attendant la véritable identité d’un visage masqué par le masque d’un paysan insolite. Lorsqu’ils furent à hauteur du groupe ils virent Joël torse nu, sa "marque" – comme ils l’appelaient entre eux– visible de tous avec les simples yeux du corps humain. L’histoire commençait mais était loin d’être terminé. Ils restèrent dans l’ombre, pour rester invisible aux yeux de tous.
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MessageSujet: Re: La grange   Ven 7 Mar 2008 - 10:35

Rill arreta un moment de macher lorsque Joël devoila la grande cicatrice.

C'est fou, on dirait une communoté de véterans de guerre...Chacun à sa blessure on dirait, hein ? bounce

Haha, tu peut parler, mon grand borgne.

Son vif lui indiqua qu'un petit groupe de gens se raprochaient, mais elle ne put les distinguer car il faisait trop nuit et la neige continuait à tomber dehors. Etendant un peu sa perception, elle ne percut que de l'hesitation, et de la bienveillance. Elle ne dit rien, et continua d'ecouter Joël, pendue à ses lèvres.
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Tristan




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MessageSujet: Re: La grange   Ven 7 Mar 2008 - 12:21

Tristan avala avant de répondre prenant le temps de passer sa langue sur ses lèvres comme un fauve rassasié.

Ce n’est sûrement pas à moi que tu dois quoique ce soit, je n’ai aucun droit sur la chair qui ne m’appartient pas.

Il reprit un morceau de viande, préférant marquer une pause alors que sa colère recommençait à pointer du nez. Joël, lui, continuait, et à mesure qu’il parlait il enleva sa toge de paysan pour laisser apparaître son blason d’or. Que voulait-il rappeler ainsi ? Croyait-il vraiment que cela rendrait ses propos plus convainquant ? Mais ce n’était pas fini, la dernière phrase et l’exhibition de sa cicatrice constituaient le bouquet final de ses jérémiades. Pour le coup, il arrêta de manger.
Sarcasme, lui, tourna le dos à la scène en poussant un grognement qui ressemblait étrangement à un soupir. Joël aurait mieux fait de ne pas donner d’explication.
Si il y avait quelque chose que Tristan détestait, c’était les pleurnichards. Exhiber ainsi sa cicatrice pour prouver que lui aussi avait souffert lui semblait intolérable, tout comme le fait qu’il s’en serve pour se justifier.


En effet Rill, il semblerait que notre cher prince déchu ait beaucoup souffert ; je suppose qu’il faut te plaindre mais il faudra m’excuser votre seigneurie car je n’ai pas ce talent.

Il souriait à présent, un sourire sans joie, sarcastique. Il valait mieux ça qu’exploser de colère, il valait mieux pour le reste que sarcasme fut là.

Et oui, nous avons tous eu nos blessures, nous avons tous vécu des évènements insurmontables, mais qu’heureusement nous avons surmontés…Il se tourna vers Rill… Notre pauvre tavernière a perdu son grand amour, et la douce souffre de porter ces affreux tatouages, ainsi elle ne peut que comprendre les cicatrices du fer brûlant.

Il se tourna vers Saïgan, et le malheureux touareg a vécu dans le crime et doit vivre dans la culpabilité, mais il n’a pas encore émi d’avis, nous devrons donc attendre !

Il se tourna enfin vers Joël le regard dépréciateur, mais le sourire toujours aux lèvres.

Et notre cher monarque a lui aussi été blessé, et non comptant de son statut a dû endurer bien des épreuves… et bien sûr il a encore une fois… beaucoup souffert… si bien que LUI peut comprendre la peine de Sasia.
Moi-même j’ai été chassé comme du gibier et marqué comme du bétail, j’ai beaucoup souffert, mais malgré tous mes efforts… pas assez pour comprendre Sasia…
Il afficha une fausse expression de profond dépit. Puis il releva la tête d’un mouvement vif.

Ainsi dans un élan de bonté - qu’a si souvent la noblesse pour rallier à la cour de nouveaux sujets - Monsieur le prince a offert à notre jeune Sasia la chance de rejoindre notre communauté dans laquelle il siège avec panache ! Et d’un mouvement théâtral, il désigna les gens assis autour du feu en commençant à écarter le bras au niveau de Joël, le plus grand, la cicatrice de son torse nu brillant à la lueur du feu.

Il laissa un court silence s’installer avant de reprendre d’un air taquin :

Et bien que je ne connaisse pas votre lourd passé Rogar, je me méfierais si j’étais vous que Joël ne se charge de votre entrée à la cour… Il adressa un sourire entendu à Rogar.

Ainsi tout s'explique. A présent une pointe d’agacement se faisait sentir dans son ton.

Quand au vif, c’est une question de vifiard…
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Dernière édition par Tristan le Sam 8 Mar 2008 - 0:19, édité 1 fois
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Rogar




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MessageSujet: Re: La grange   Ven 7 Mar 2008 - 13:32

En venant ce soir, Rogar ne s'attendait pas à une telle tension dans les visages de ceux qui l'entouraient. La marque infligée à Sasia avait visiblement secoué tout le monde. Il n'aimait pas la tournure que prenait la discussion mais préféra ne rien dire, ne répondant même pas au regard de Tristan, il attendit de voir si Joël allait lui répondre à nouveau ou s'il allait laisser tomber cette discussion jusque là stérile pour raconter son histoire ; il ne pouvait pas dire quelle solution il aurait préféré. En attendant, il laissa son regard se promener quelques secondes mais il revenait immanquablement sur Sasia toujours inconsciente, pour finir il plongea son regard dans le feu et poursuivit son attente silencieuse.
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Joël le voyageur




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MessageSujet: Re: La grange   Sam 8 Mar 2008 - 20:48

Joël attendit patiemment que Tristan finisse sont discours sarcastique. Lorsqu’il eût fini, il laissa un moment le silence s'installer...ce fût un silence de plomb...

Qui t'a demandé de me plaindre? Personne à ce que je sache. J'avais de l'estime pour toi, ton geste lorsque tu as tué le cavalier contre qui j'étais en duel était courageux et plus noble à mes yeux qu'à tes pensées. Mais si je comprends bien, mon regard t'importe peu.

Il commença à remettre les bandelettes autour de son torse et se remit à parler. Son ton était neutre, il n’y avait ni colère, ni vanité, ni hostilité. Simplement de la sincérité

Crois-moi, ce cercle j’aurais préféré ne jamais y rentrer…et ne jamais y faire rentrer Sasia. Je me suis arrangé pour que sa cicatrice future soit minime. Elle ne sera pas invisible mais que très peu présente. Ensuite, je n’ai pas dis que moi seul pouvait comprendre la douleur de Sasia ou alors je me suis mal exprimé. Simplement, contrairement à ce que tu crois, je ne suis pas ignare sur ce que je lui ai infligé.

Décidemment…la soirée commençait bien…comment terminerait-elle…
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Saïgan
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MessageSujet: Re: La grange   Dim 9 Mar 2008 - 0:58

guillemet gauche Jamais tu ne sauras autant que moi combien elle a souffert, guillemet droit rappela Saïgan. Peut-être en effet t'es-tu mal exprimé.

Il releva la tête qu'il avait peu à peu baissé. Il avait l'impression de comprendre avec justesse les sentiments de Tristan ; c'était facile : il éprouvait la même chose.
Il ne l'exprimait simplement pas de la même manière.

Chez lui, la colère flamboyait. Ses yeux se paraient de bronzes, d'orangers, d'ocres ; son corps se faisait vif ; il attaquait.
La rage sourde qui l'habitait à présent n'apparaissait pas ainsi. C'était une force lui faisant battre le coeur, un liquide qui chassait le sang de son corps et réchauffait ses veines. Ses doigts réclamaient de la chair à déchiqueter, à tordre en tous sens, à briser, briser, briser ! jusqu'à ce que la rage prenne fin.
Sa voix était basse, un peu grondante ; son corps était tendu pour contenir la force. Le coeur aspirait à l'explosion. L'esprit, lui, tenait ; il savait que rien de bon n'en sortirait.

Pour Saïgan, c'était cela, la rage et la colère : l'explosion d'une vie empêchée. Le renvoi d'une agression.
On souhaite de toute son âme lâcher prise, on sait qu'on savourera ces instants de violence ; tout comme on sait qu'après, on les regrettera plus profondement encore.

Il faut alors trouver un autre moyen de s'exprimer. Le sarcasme en est un, et le touareg avait remarqué qu'il frappait souvent juste. Malheureusement, défense à une agression, il était souvent lui-même vécu comme une violence.
Saïgan ne connaissait qu'une seule autre alternative : l'ouverture. S'ouvrir pour combattre l'enfermement des autres. On se sent terriblement vulnérable. Chaque fois que le touareg avait vu cet art à l'oeuvre, l'art de s'ouvrir, il en avait trouvé l'auteur magnifiquement courageux.


Allons, mes amis... vibra sa voix. Comment pouvons-nous écouter une vieille histoire si nous ne pouvons parler sans rancoeur au présent ? Faisons table rase, cela nous évitera à tous de réitérer des propos stupides.

Que ceux qui se tiennent dans l'ombre viennent s'asseoir avec nous !

Il fit un geste pour inviter les hommes qui n'étaient perceptibles que par le Vif, toujours debout dans la nuit noire.

Peu m'importe les moeurs de pays étrangers. Nous sommes en Fëador ; ici, le premier respect qui existe est celui de la courtoisie la plus élémentaire. Il n'est pas courtois de rester dans l'ombre.

Il prit une grande inspiration et se redressa. Il était décidé à repartir sur de bonnes bases, mais il ne se sentait pas capable de regarder qui que ce soit. D'ailleurs, il n'aurait pas sû qui regarder. Il fixait la lampe.

Oui, voir Sasia ainsi m'a fait mal.

Je ne suis pas guérisseur, loin de là, mais de ce que j'en sais le cautère ne s'applique que sur des blessures graves dans un environnement qui ne permet pas d'autres solutions. Ca ne me semble pas être le cas mais... qu'importe, maintenant ?! Cicatrise minime ou pas, ce n'est pas à nous d'en décider. Ce rôle revient au corps de Sasia.

Ensuite... Il déglutit. Pour moi, on ne se sert pas du Vif. On ne peut décider de l'utiliser un moment et s'arrêter de percevoir l'instant d'après. Le Vif est. On ne peut refuser d'entendre, de sentir, de voir... de la même façon, on ne peut refuser le Vif. Ce n'est ni un outil, ni un objet. Pour moi, c'est un lien avec le monde. Respect.

Enfin et pour finir... Un sourire naquit sur ses lèvres, faisant écho au mouvement qui réapparaissait dans ses yeux. Il avait choisi la bonne solution ; son coeur recommençait à chanter. Il regarda Tristan.

C'était un beau discours, La Forêt dans les Yeux. Je te tire mon chapeau.
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Dernière édition par Saïgan le Dim 9 Mar 2008 - 10:56, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: La grange   Dim 9 Mar 2008 - 9:54

Voilà, Rogar était heureux que Saïgan ait réussi à dire ce que lui-même ressentait sans pouvoir l'exprimer. Il n'aimait pas la distance qui était en train de se creuser et il avait l'impression que le discours du touareg pourrait ramener, peut-être pas une unité, mais tout du moins une cohésion dans le groupe ce soir. Il voyait qu'il lui en avait coûté d'enfouir sa colère, mais il avait réussi ; il essaya de lui envoyer un sourire encourageant mais Saïgan évitait les regards. Il s'écarta donc pour laisser de la place aux nouveaux arrivants, dont il n'était pas sûr d'avoir vraiment senti la présence auparavant tant il était absorbé dans cette conversation, tout en guettant une réaction quelconque dans les yeux de Tristan et Joël.
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MessageSujet: Re: La grange   Dim 9 Mar 2008 - 13:08

Il perçut une imense gène de la part de sa compagne, lorsque Tristan vint à son tour, et se felicita discretement de ne pas faire partie du sarcasme du jeune homme.

c'est alors que le vif de Saigan enfla, prêt à deborder, à exploser.
Rill était de plus en plus mal à l'aise, et il renacla, s'agitant un peu dans sa stalle. A coté de lui sasia dormait toujours à points fermés.

Pourtant, la tension baissa d'un coup. Reconnaissance vers l'homme sage. Reconfort vers sa compagne.
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Rill_Dùnedor
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MessageSujet: Re: La grange   Dim 9 Mar 2008 - 13:17

Rill se senti mal à l'aise. Elle navais jamais eu le cran de dire de tels discours, et lorsque Tristan, puis Saïgan parlèrent, avec des mots si forts, et si bien choisis, elle ne put qu'admirer.
Bien qu'elle aie des tas de choses à dire, elle se tu. Elle se sentit bien misérable. Elle avait toujours évité ce genre de confrontation, toujours cherché le chemin detourné qui lui eviterait d'entrer en conflit.
Mais cette dexterité avec les mots et ce repondant, combien de fois s'était-elle maudit de ne pas les posseder.

Kylian s'agita un peu dans son box, et elle "vit par son oeil" que la jeune femme n'avait plus le visage crispé.

Sans un mot, elle se leva et alla rajuster la couverture de Sasia, avant d'aller se blottir contre son compagon.

_________________
Je veux bien vivre d'amour et d'eau fraîche, mais c'est moi qui choisis mon amoureux...
Et ma source d'eau !


Dernière édition par Rill_Dùnedor le Dim 9 Mar 2008 - 18:06, édité 1 fois
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Sasia Samaris




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MessageSujet: Re: La grange   Dim 9 Mar 2008 - 14:59

[hrp] Je ne sais pas qui est au courant, mais Tristan ne pourra pas jouer encore aujourd'hui, et connaissant le joueur, il aurait certainement quelque chose à répondre au message de Saïgan pirat
Peut être pourrions-nous lui accorder le bref délai jusqu'à son retour pour lui laisser la décision de répondre où non ? Il a choisit de diriger cette partie du RP, ça pourrait être cool de l'attendre ^^'
'fin, chaqun fera bien ce qui voudra tongue [/hrp]

Quand elle avait ressenti la lame de cet immonde soudard mordre ca chair, Sasia avait alors pensé connaître le summum de la soufrance physique. Quelle naïveté !
Elle ignorait ce que ces "compagnons" lui avait fait subir, mais la douleur avait été telle qu'elle l'avait tiré de son sommeil pour la plonger instantanément dans une inconscience refuge, bien loin de la réalité de son enveloppe charnelle.
Dans un effort qu'elle aurait été bien en peine d'expliquer, elle puissa dans ces
maigres réserves d'énergie pour entrouvrir ces paupières.
Elle eut juste le temps de réaliser que Tristan la regardait de ces yeux verts sombres, une expression indéfinissable sur le visage...

Avant même qu'elle pu dire si leurs regard s'étaient véritablement croisés, elle retomba dans les limbes d'un sommeil sans rêve.

_________________
L'immoratalité c'est long, surtout vers la fin.
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Tristan




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MessageSujet: Re: La grange   Dim 9 Mar 2008 - 17:54

[ merci Sasia mais je ne pensais pas mener le jeu, juste…jouer, merci quand même pour l’atention^^]


Tristan entendait le flot de parole, mais il ne regardait personne, il s’était resservit. Et partageait un bout de viande avec la hyène. Sa colère était comme un feu et une fois attisé, il ne demandait qu’à s’étendre. C’était un lourd défaut, un qu’il n’avait pas eut encore l’occasion de se débarrasser. Mais avant qu’il ait fait le moindre geste pour répondre se fut Sarcasme qui devança le jeune homme. Il leva d’un geste vif sa lourde tête et fixa son regard d’ambre dans celui de son compagnon.
L’effet fut immédiat sur Tristan, il n’en montra rien mais il se calma et accepta le message de la hyène, écoute, et ne gâche pas tout en faisant l’enfant. Alors il renforça sont attention pour finir d’écouter Joël. Il regarda patiemment les fermiers s’installer avec eux, se resserrant au côté de Sarcasme.
Les mots de Saïgan l’encourageait à se détendre, finalement le touareg semblait dans l’ensemble du même avis bien qu’il l’exprimait d’une manière bien différente. Apaisant il l’était toujours, parce qu’il partageait la même chose et ainsi lui évitait de se sentir révolté devant la passivité des autres. Peut importe que l’on partage son avis ou pas, cela lui était honnêtement égale. Et il préférait encore une nette hostilité plutôt qu’un ton neutre et un changement de sujet, ou un silence gêné. Pour lui c’était du dédain ou tout bêtement un manque d’audace pour dire ce que l’on pense. Joël avait préféré la jouer grand sage en répondant d’un ton réservé, bien.
Tristan savait qu’il n’était pas la peine de répondre, il ne semblait pas avoir compris le message. D’ailleurs Tristan n’on plus ne comprenait pas ce qu’il insinuait en rappelant l’épisode de la mâtiné. Oui en effet Tristan n’était pas le genre de personne à se féliciter d’une estime de qui que se soit d’ailleurs. Mais même si Joël pensait en bien, les gestes et les paroles qu’il utilisait étaient bien trop maladroits pour que Tristan ne s’y arrête pas. Et il fut reconnaissant de le voir se recouvrir, son exhibition à se moment là était vraiment mal venu. On ne se justifiait pas en prétendant connaître la douleur que l’on a infligée. Bien au contraire. C’était…un principe ? Peut être qui sait…c’était le premier qu’il se découvrait, la souffrance n’est pas un passeport pour en affliger à son tour. Joël ne pensait peut être pas à mal et pourtant, il ne changeait pas de cap pour le démontrer. Enfin…il était calme maintenant, et la dernière phrase de Saïgan le sortit surpris de son compromis avec lui-même.
Il releva la tête vers Saïgan, et aussitôt un sourire sincère vint se peindre sur ses lèvres. Cette phrase était comme une bouffé de chaleur. Il ne pouvait pas imaginer être aussi reconnaissant à l’adresse du touareg. Les autres avaient l’air complètement tendu comme si il avait blâmé El même, et il fut ravi de voir qu’au moins Saïgan considérait son « discours » avec un peu plus de légèreté.
Il fit alors un large salut théâtral, comme un troubadour à la cour. Et eut encore une pensé pour Mône qui lui manquait et son compagnon qui l’appelait comme ça.


Et bien merci

Il jeta un regard à Sasia et repris un morceau de viande.
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MessageSujet: Re: La grange   Sam 22 Mar 2008 - 18:31

Joël baissa la tête...pour la première fois de sa vie, il se sentait seul et defaitiste. Il regardait dansait la flamme devant ses yeux et ce fût la seule chose qu'il pu voir avant que ces yeux ne se brouille. Il ne dit plus rien et laissa couler les larmes le long de ses joues.

Puis, doucement comme se parlant à lui-même, semblant ne plus être dans le même monde comme si tous n'était que des hombres, il commença à murmurer:


Je croyais avoir fais ce que je pouvais, mais en sauvant une vie, j'ai perdu la considération de tous...

ça vu été brouillé mais il sentait la haine de tous. Il savait que ce qu'il faisait n'arrengerait rien, mais il ne pouvait se retenir, ses armures (morale) étaient tombées. Des flashs apparaissait dans sa tête, il entendit résonner le cris de Sasia dans ses oreille. Ce cris ce déforma en celui de ça femme perdu jadis, au cris de différents villages qu'il avait vu se faire piller sans ne pouvoir rien faire...une réalité horrible s'affichait alors en lui...sa vie n'était qu'un echec perpétuel qui venait de se reproduire à nouveau ce soir.

[HRP] désolé de mettre autant de temps mais entre une conection pourris, un emploi du temps de m****...j'ai du mal à poster régulièrement!!![HRP]
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MessageSujet: Re: La grange   Sam 22 Mar 2008 - 18:38

à l'invitation du touareg, les cinq hommes prirent place dans le cercle sans tenir compte de sa remarque.

Excusez-nous mais nous n'osions vous déranger, nous voulions attendre un moment plus propice pour pouvoir nous intégrer dans la conversation...un moment plus détendu...

Puis chacun d'eux foullèrent dans leur sac et en sortir différentes bouteilles

On s'est rendu compte que vous avies oublié de prendre de quoi boire alors...on s'est permis de les rapporter nous même

Mais une évènement peu commun pour eux coupa leur élan, Joël se mit à pleurer
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Saïgan
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MessageSujet: Re: La grange   Lun 24 Mar 2008 - 20:03

Saïgan s'était trouvé revigoré du réveil de Oued.

Il avait tenu des propos qu'il avait voulu appaisants et clairs sur son opinion. Malgré cela, ou peut-être à cause de cela, il n'était pas satisfait. Le coeur aspirait à déverser ses sentiments sans leur tenir la bride.

Dans un sourire, il se revit sur sa table de travail, écrivant comme tant de fois sa colère - ou plus justement massacrant plume sur plume sur la feuille de papier. Le coyote avait raison : la page ne valait plus rien après.
L'exercice procure néanmoins une certaine paix à l'âme. Il en sortait soulagé et pouvait s'endormir sans crainte que ses soucis le rejoignent en rêve. Trouver un équilibre est affaire de bien peu de chose.

Et le rompre aussi.

Pour la deuxième fois de la soirée, la fureur s'empara de Saïgan. guillemet italic gau J'ai perdu à considération de tous. guillemet italic dro Il en aurait hurlé.
Mais une fois de plus, le torrent le saisit et le sauva de la noyade.

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Mieux vaut se briser la jambe que briser sa parole.

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